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Le fameux syndrome de l'imposteur

Mais qui a bien pu inventer ce terme ?


D’ailleurs au moment où j’écris ces lignes je me demande si je suis bien légitime pour

m’épancher sur un sujet aussi complexe et qui touche tellement de personnes.


Mais au fait, à partir de quand peut-on considérer ne plus être concerné par ce

syndrome ?


Car c’est là toute la question, mais avant de vous donner mon avis, faisons un petit détour sur le pourquoi du comment.



Pourquoi avons-nous le syndrome de l'imposteur ?


Les personnes atteintes de ce syndrome ont tendance à considérer que leur réussite n’est pas dû à leur accomplissement. Ils ne peuvent s’attribuer les mérites de leur travail puisqu’ils considèrent qu’ils prennent la place de quelqu’un d’autre.

Et c’est ce fameux quelqu’un d’autre qui pose problème en fait. Parce que derrière ce quelqu’un d’autre, c’est le regard des autres et la peur du jugement qui se cache. Et là encore, derrière la notion “les autres” se cache en fait quelque chose de plus subtil encore avec la question de l’estime de soi.


Julian Rotter, psychologue américain est connu pour ses travaux sur le locus de contrôle. Il a élaboré une théorie divisant l’appréhension de la vie en deux modes :

  • Les personnes qui pensent que les événements ne dépendent que d’eux ont un locus de contrôle interne.

  • Tandis que les personnes qui pensent que les événements sont le fait de facteurs externes ont un locus de contrôle externe.

Dans le cas du locus de contrôle interne une personne aura une plus grande estime de soi et sera à l’aise avec l’idée d’être le seul responsable de ses réalisations. A l’inverse, dans le cas du locus contrôle externe, cette personne aura tendance à donner plus

d’importance aux éléments qui l’entourent qu’à sa propre contribution.



L'estime de soi, encore et toujours


Le syndrome de l’imposteur est donc intimement lié à l’estime de soi. Plus j’aurai du mal à m’estimer à ma juste valeur et donc à m’affirmer, et plus j’aurai tendance à me sous-évaluer pour éviter le poids du regard des autres.


Et pourtant.

Il existe un effet de sur confiance appelé l’effet Dunning- Kruger du nom de ceux qui l'ont inventé, qui explique qu’il arrive que des personnes peu qualifiées sur un sujet soient persuadées d'être très compétentes. Nous retrouvons ici un locus de contrôle interne très fort, trop fort empêchant la prise de recul. Au contraire, il arrive bien trop souvent que des personnes qualifiées se sous-estiment. Et nous retrouvons ici le locus de contrôle externe trop élevé engendrant le syndrome de l’imposteur.


Ce qu’il en ressort, c’est que c’est justement parce que les personnes doutent, qu’elles se remettent en question et deviennent les plus compétentes.



Peut-on alors affirmer que le syndrome de l’imposteur serait-il

finalement une bonne chose ?


C’est possible, toutefois cela peut se vérifier que si la personne en a conscience et en fait un atout pour accepter ses peurs et se lancer. Autrement il pourrait être beaucoup trop inhibiteur et empêcherait l'individu de faire les choses.


A ce sujet, Olivier Houdé, professeur de psychologie à l’Université de Paris nous dit que nous devons apprendre à inhiber nos pensées automatiques et davantage rationaliser. Car c’est bien de cela dont il s’agit. Rationaliser ses pensées pour empêcher ce syndrome de l'imposteur prendre le pas sur nos actions.


Pour y arriver, posons-nous ces questions dès que nous sentons le syndrome de l'imposteur pointer son nez :

  • Qui sont les autres ?

  • En quoi leur perception peut-elle modifier mon travail ?

  • Qu'est-ce qui me permet d'assurer avec certitudes qu'ils pensent ceci ou cela ?

  • Concrètement combien de fois ai-je subi le jugement des autres dans mon travail ?

  • A l’inverse n’y a-t-il pas plus de personnes qui m’ont renvoyé du positif ?

  • Quels pourraient être les avis positifs sur mes actions si je les réalise ?

Derrière le sentiment d’imposture se cache avant tout une émotion qui cherche à nous protéger de quelque chose. Acceptons une bonne fois pour toute le fait que nous n’avons pas besoin d’être protégé, mais bien d’être libéré.


Cédric CALIFA - ONSET COACHING


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