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Alors Maslow, on en est où avec ta pyramide des besoins ?

Qui n'a pas entendu parler de la pyramide de Maslow, retraçant les besoins fondamentaux des individus divisés en 5 catégories ?


Que ce soit en management, en cours d'économie, en sciences sociales, en

psychologie et donc en coaching personne n'a pu passer à côté de cet outil.


Et pourtant Abraham Maslow, psychologue américain l'a théorisée en

1950 dans une société post industrielle.


70 ans plus tard, il ne serait pas offensant de se demander si elle est toujours adaptée dans une société en constante évolution où le flot continue d'informations nous submerge chaque jour. Mais avant de nous prononcer, allons voir de plus près comment fonctionne cette pyramide.


Afin d'éviter de retomber dans vieux cours d'économie rébarbatifs et inintéressants, abordons-la d'abord sous l'angle de son utilité. Nous avons tous des désirs éphémères qui nous poussent à agir. Ces désirs, que l'on peut qualifier d'envies, font appel à nos pulsions et se transforment en frustration à mesure que l’on s’en éloigne ou s'en rapproche. Finalement ce que nous désirons ce n'est pas l'objet ou la situation convoitée, ce que nous poursuivons c'est le processus pour y parvenir. Et c'est en cela que le besoin se différencie du désir.


Le besoin lui est plus durable et fait appel à des facteurs plus intrinsèques. Lorsque nous nous sentons en danger nous avons besoin de sécurité. Nous ne poursuivons pas un objectif de sécurité, qui une fois atteint n'est toujours pas assouvi, nous poursuivons un état mental qui nous apporte de la sécurité.


De la même manière, nous ne recherchons pas à obtenir un iPhone pour le plaisir de le posséder, nous recherchons la conformité à un groupe social nous réconfortent dans notre besoin d'appartenance.


Et c'est en cela qu'il est utile de reconnaître que nous avons des besoins et de se comporter en fonction de ceux-ci plutôt que de ces désirs. L'ego vous poussera à subvenir à vos désirs, l'estime vous poussera à nourrir vos besoins.


Demander à une personne de perdre du poids pour se sentir mieux revient à fixer un plan d'action sans en connaître le but. Aller chercher le besoin qui se cache derrière le désir de perdre du poids, à savoir un besoin d'estime de soi très souvent, donnera du sens à l'action et plus de chances d'obtenir le résultat voulu. Voire une reconfiguration de ses priorités car quand on connaît ses besoins, on modifie ses envies.



Maintenant que nous y voyons un peu plus clair sur le sens à donner à l'outil, nous sommes bien contraints de revenir sur chaque étage de la pyramide. Mais là encore, tâchons d'y donner du sens et de la rendre intéressante.


Comme toute pyramide, nous commencerons par la base avec les besoins physiologiques. Nous avons tous besoin de dormir, respirer, boire, manger et se reproduire. Nos illustres ancêtres chasseurs cueilleurs en savent quelque chose puisque c'était leur principale préoccupation. Pour autant croire que cela ne nous concerne plus

serait une erreur. Combien de fois dans les six derniers mois avez-vous dit "j'ai mal dormi", "je ne bois pas assez", "je respire mal" ou encore "il faudrait que je mange plus équilibré" ? Vous avez donc compris l'intérêt fondamental de nourrir ses besoins physiologiques en identifiant la cause et en adoptant les comportements adaptés. Cela

peut paraître anodin, et pourtant lors d'un coaching c'est incroyable de voir à quel point ce besoin est mis de côté.


Nous retrouvons ensuite le besoin de sécurité cher à nos fameux "boomer". Vous savez les personnes nées dans les années 60 et pour qui obtenir un CDI, être propriétaire et cotiser à la retraite était la seule priorité dans la vie. Loin de moi l'envie (donc éphémère) de les critiquer, au contraire à chaque situation son contexte. Mais aujourd'hui le contexte est différent, et nous portons en nous le lourd héritage de leurs peurs. La peur d'échouer est peut-être le frein numéro 1 à l'élan créateur de l'entrepreneuriat. Ce besoin, plutôt défini comme matériel, est essentiel à comprendre et appréhender pour se sentir apaiser et avancer vers ses objectifs.


Vient ensuite le besoin d'appartenance, celui qui a fait cruellement défaut à toute une génération de jeunes pendant la crise sanitaire. L'homme est un animal social, nous avons tous ce besoin impérieux de nous conformer à un groupe social et de nous sentir appartenir à une communauté. Autrefois la famille ou le village, aujourd'hui les collègues de travail ou les réseaux sociaux. Pour être accepté, reconnu et respecté nous aurons tendance à nous conformer à la pensée du groupe au détriment souvent de ses propres pensées.

Ce n'est pas pour rien que de plus en plus de personnes cherchent à sortir des cases et des normes sociales pour trouver leur bonheur. C'est dans ces conditions que le besoin d'appartenance apparaît aujourd'hui comme essentiel pour réaffirmer son soi personnel tout en identifiant les personnes ressources et en évitant les personnes

toxiques.


Et c'est après qu'arrivent les besoins plus spirituels d'émancipation et de réalisation de soi. Le quatrième niveau d'abord avec le besoin de reconnaissance qui concourt à l'amélioration de notre estime. L'une des principales causes de démissions aujourd'hui est l'absence de reconnaissance et de valorisation. Nous ne sommes plus prêts à enchaîner les heures de travail sans avoir de gratification sur ce que l'on fait. Beaucoup d'entre nous souffrent d'un manque d'estime, beaucoup trop. L'estime de soi participe à l'affirmation de soi et au bien-être personnel. Aller chercher ce qui ne contribue pas à l'atteinte de ce besoin c'est aller à la rencontre de soi et se repositionner de manière à modifier notre perception du monde. C'est en cela que nous devrions tous commencer par se questionner sur ce qui contribue à notre estime dans nos activités ou notre quotidien.


Enfin, le cinquième niveau avec le besoin d'accomplissement personnel. Comment ne pas évoquer la recherche de sens ici. Notre cerveau ne peut pas concevoir les choses qui ne font pas sens pour lui. En l'absence de sens, c'est l'incertitude et l'incohérence qui débouche sur les états dépressifs. Pour trouver ce qui fait sens nous devons chercher une raison d'être qui nous dépasse, un but dans nos actions qui contribuent à notre épanouissement personnel. Trouvez votre “pourquoi” comme le dit Simon Sinek, le WHY. Sans accomplissement, il ne peut y avoir d'épanouissement et de bien-être.



Mais alors, cette pyramide n'est pas si inutile que ça ? Pas vraiment non, mais le problème n'est pas tant l'usage qu'on en fait mais plutôt l'interprétation qu'on en a.


L’interprétation de cet outil ne convient plus aujourd'hui. Cette vision estime qu'il faudrait remplir l'échelon inférieur de la pyramide avant de pouvoir nourrir l'échelon supérieur. Autrement dit je ne peux pas nourrir mon besoin de reconnaissance si je n'ai pas nourri mon besoin de sécurité ou d'appartenance.

Ce qui pouvait être vrai dans une société très verticale et décentralisée, ne l'est plus dans une société distribuée. L'information ne descend plus, elle est accessible par tous, partout, tout le temps.


C'est pourquoi les besoins ne peuvent plus être représentés comme une pyramide, mais devraient plutôt l'être comme différents cercles tous connectés et interdépendants sans lien hiérarchique mais comme un tout.


Cédric Califa - ONSET COACHING

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